Des Ecoles Inspirantes

L’idée est que pour repenser l’éducation il faut d’abord s’ouvrir aux modèles éducatifs existants, apprendre de leurs réussites et de leurs échecs, distinguer ce qui leur est propre de ce qui est dû à des facteurs extérieurs et enfin relier ces expériences.

Pour notre projet nous avons décidé de nous intéresser à la motivation des élèves du lycée et du supérieur. Ils peuvent aussi être porteurs d’apprentissages pour d’autres sujets que la motivation et pour des classes d’âges différentes.

Voici les établissements que nous avons visité :

  • Système public de Finlande : Connu pour le bien-être des élèves, leurs performances et la diversité des apprentissages.Nous sommes allé au Lycée Franco-Finlandais et au Gymnasiet Lärkan à Helsinki, à Etelä-Tapiolan à Espoo et à Yhteiskoulun dans la ville de Tampere.
  • Lycée Mathématique de Belgrade : ses élèves sont les meilleurs du monde pour les Olympiades Internationales de mathématiques, physique et informatique, avec de nombreuses médailles à d’autres concours nationaux, régionaux et internationaux aussi.
  • Boston Arts Academy : Lycée public de Boston avec des cours artistiques en plus, il sélectionne ses élèves sans regarder leurs performances académiques passées et a ainsi 62% d’entre-eux qui viennent de milieux défavorisés et 31% dont l’anglais n’est pas la langue maternelle. L’école met l’accent sur l’expression des élèves en passant par les arts, même dans les matières classiques, et obtient de bons résultats : 97% des élèves vont à l’université et la plupart sont les premiers de leur famille à le faire.
  • Arts & Ideas Sudbury School : Ecole du modèle Sudbury, il n’y a ni classes ni professeurs. Des “élèves” de 5 à 19 ans et un staff adulte passent leur journées dans le même établissement avec une totale liberté sur leur temps et une participation démocratique au fonctionnement de l’école (exécutif, justice, allocation du budget…).Modèle très alternatif, il est trop souvent adulé ou haït. Nous pensons qu’il permet surtout de repenser le rôle des écoles et est à considérer d’un oeil attentif et neutre pour en tirer des leçons utiles.
  • Saint John’s College : Université d’arts libéraux, son programme de licence en quatre ans est une étude directe des grands livres qui ont façonné la civilisation occidentale. Les élèves lisent donc près de 200 livres dans l’ordre chronologique, concernant philosophie, théologie, littérature, économie, politique mais aussi mathématiques et physique (Euclide, Newton, Einstein…), ils reconstituent les experiences de laboratoires de ces scientifiques et apprennent les bases de la théorie musicale. Les classes sont des discussions entre “tuteurs” et surtout les élèves, assis en cercle autour d’une table, échangeant sur les oeuvres étudiées et ce qu’ils en ont tiré.
  • San Diego Met – Big Picture Learning : Lycée dont les élèves s’excusent deux jours par semaine pour travailler en entreprise, le soucis de la pratique et de la réalisation concrète est toujours présent dans les apprentissages académiques. Les disciplines non scientifiques sont gérées par un même professeur qui établit une relation très proche avec ses élèves et les accompagne dans l’élaboration de nombreux projets dont ils décident entièrement du sujet.
  • High Tech High : Lycée dont le cursus est organisé en une succession de projets interdisciplinaires par groupes d’élèves dont la finalité est une réalisation pratique. Les rares cours ne servent qu’en soutien à ces projets qui forcent les élèves à se débrouiller, s’approprier le sujet et confronter leur apprentissage aux contraintes du monde réel. Phénomène aux Etats-Unis, le modèle de cette école inspire beaucoup de réflexions sur le futur de l’éducation dans le pays.
  • d.school : Département de design thinking de l’université Stanford fondé par l’entreprise de conseil IDEO, ses classes sont ouvertes aux élèves de tous départements. Il s’agit de projets avec de vrais clients, mettant en oeuvre les principes du design thinking. Les élèves y apprennent l’état d’esprit de l’entrepreneur de la Silicon Valley avec des méthodes ancrées dans l’empathie, le prototypage rapide et le développement d’un produit centré sur l’utilisateur.

Ces établissement sont tous à l’étranger car nous voulions montrer des modèles qui sont plus durs à découvrir que ceux présents en France. Il faut donc prendre en compte certaines différences sociétales et culturelles quand on les étudie. Il y a néanmoins de nombreuses écoles tout à fait dignes d’être étudiées en profondeur en France et la valeur de leurs méthodes est plus facile à juger grâce à notre cadre commun.

Voici quelques autres établissements que nous pensons être de bonnes pistes pour découvrir de nouveaux modèles éducatifs et inspirer une évolution du nôtre :

  • Système public de Corée du Sud : mêlant de très bonnes performances et un grand sentiment de mal-être dans sa population étudiante, il convient de l’étudier en détail pour distinguer ses points forts de ses points faibles. On note une faible rentabilité du travail scolaire car les étudiants y sont beaucoup plus studieux que les nôtres. Cependant le Ministère de l’Education mène une réforme visant à établir bien-être et compétences humaines à l’école, et ceci avec une impressionante efficacité.
  • Système public de Singapour : Obtenant les meilleurs résultats aux études internationales PISA (et de loin), il semble que leurs enseignements se basent sur une compréhension du réel : pas de notion mathématique avant une compréhension “avec les mains”.
  • Université Visva-Bharati : fondée par le grand poète, philosophe et Prix Nobel Indien Rabindranath Tagore, elle aurait été construite suivant sa pensée de l’éducation centrée sur l’épanouissement intellectuel et spirituel (dans un sens non-religieux). Peu d’informations sont disponibles la concernant, ça vaut le coup d’y jeter un coup d’œil.
  • Ecoles alternatives connues : modèles Montessori, Waldorf, Steiner ou encore les écoles Démocratiques/Sudbury connaissent un succès grandissant auprès du grand public et multiplient leurs établissements dans le monde et en France. Il s’agit des écoles les plus connues en dehors du système public et elles ont beaucoup à apporter sur le plan des valeurs et pédagogies à l’école. Beaucoup d’informations sont disponibles sur internet les concernant.
  • Ecole 42 : fondée par Xavier Niel, elle accepte tous ceux qui sont capables de montrer leur potentiel en programmation lors du premier mois (la piscine) sans exigences de diplômes ou de connaissances préalables. S’en suit plusieurs années qui servent à former les élèves en informatique grâce à une scolarité de projets dont les élèves ont le contrôle (durée, présentiel, choix des projets, faire des stages, quitter l’école parce qu’on a trouvé un travail…). Le recrutement, l’autonomie, la notation par les pairs et la gamification du cursus y sont très développés et peuvent fournir de bonnes pratiques.
  • Centre de Recherches Interdisciplinaires : fondé par François Taddei et Ariel B. Lindner, cet établissement post-bac développe seulement des formations interdisciplinaires pour mieux former sur des enjeux technologiques nouveaux. Il accorde de l’importance à la recherche dans les études et semble très ouvert à l’innovation pédagogique.
  • Ecole Lumiar au Brésil : des tuteurs et experts encadrent et collaborent avec les élèves (mélangés de 0 à 14 ans dont 75% viennent de milieux défavorisés) sur des projets qu’ils ont choisi en fonction de leurs centres d’intérêts, avec un fonctionnement démocratique participatif et un accent sur l’apprentissage de l’anglais.
  • Et beaucoup beaucoup d’autres : ce ne sont pas les écoles innovantes qui manquent dans le monde, seulement de s’ouvrir à elles sans préjugés ou fascination naïve afin de juger et relier les experiences.